Les concerts 2021

Téléchargez le programme

Téléchargez

Édito

Depuis de longues années, au Festival du Périgord Noir la musique flirte avec le 7e art. Et voici pourquoi, parvenu à maturité, c’est décidé « Le festival fait son cinéma » !

Les fidèles de nos saisons se souviendront du programme de films d’opéras que nous avions placé, dès la fin des années 80, au cinéma de Terrasson, sous la protection du producteur Daniel Toscan du Plantier. Par la suite, l’abbaye de Saint-Amand-de-Coly nous offrit un cadre rêvé pour des projections sous les étoiles. Une moisson passionnante de grands films, célèbres ou oubliés, fut ainsi livrée à la passion des cinéphiles et mélomanes, dès lors que le thème de chaque saison musicale déterminait la sélection cinématographique proposée. Des artistes étaient invités pour accompagner certains films depuis leur piano, livrés à la nuit périgourdine.

C’est dans cet esprit que, depuis près de 15 ans, le Festival a poursuivi des échanges féconds avec Karol Beffa, musicien aux multiples visages, sur les bords de la Dordogne à Trémolat, puis au cinéma Le Vox à Montignac-Lascaux et, cette année, dans le cadre agreste de la Chartreuse des Fraux.

Compositeur, interprète, improvisateur, écrivain, chercheur, conférencier… Karol révèle au public diverses facettes de sa riche personnalité au cours de trois journées où « Karol Beffa improvise… ». « Le Cinéma de Karol » (7 août) au Vox nous invite à redécouvrir, par ses improvisations au piano, des chefs d’œuvre du temps du muet, dans un hommage aux femmes réalisatrices du 7ème art. Pour la journée intitulée « Silence, on tourne ! » (8 août) aux Fraux, Karol donnera à entendre son dernier quatuor à cordes, Vertigo, interprété par le quatuor Hermès, avant un concert dédié aux musiques de films réunissant des artistes de talent autour du clarinettiste Pierre Génisson et du quatuor Hermès. Le lendemain (9 août), lors d’une « Journée littéraire », Karol, auteur des Anagrammes à 4 mains avec Jacques Perry-Salkow, se livrera avec Jérôme Bastianelli à son goût pour les lettres, et fera refleurir les Fleurs du Mal avec le comédien Thibault de Montalembert. Un marathon de 3 jours par l’un de nos musiciens les plus inventifs !

Un autre temps fort de cette saison est celui de l’Académie Baroque Internationale du Périgord Noir, lors de laquelle des artistes venus du monde entier « font leur cinéma » sous le regard attentif de leurs maitres Inãki Encina Oyon, direction, et Johannes Pramsohler, violon et cordes, appuyés par Benoît Babel, clavecin, et bien d’autres pédagogues dans diverses disciplines. Au programme, l’oratorio Sanctus Petrus et Sancta Maria Magdalena de Johann Adolph Hasse, dont le talent pour se mettre en scène faisait courir les foules au XVIIIe siècle. Les élèves de l’Académie et Johannes se feront également entendre dans L’Estro Armonico de Vivaldi.

Tout au long de la saison, du 2 au 19 août, le Festival s’enorgueillit d’accueillir de grands musiciens venus de l’univers du baroque et du classique comme du monde du jazz : « Découvertes du baroque » à Auriac, « La voix des dames » et « Le parcours des sens » à Ajat (à noter, Jory Vinikour dans les Variations Goldberg), « Riposta » à Fanlac. A Saint-Léon-sur-Vézère, où le festival est né il y a bientôt 40 ans – en 2022 –, le cinéma sera sur scène avec « Duels » de Tristan Pfaff et Vittorio Forte puis les « Portes du rêve » ouvertes par Arseny Tarasevich-Nikolaev. Les soirées « Altos en fête », conçues sous l’impulsion d’Adrien La Marca, feront la plus large place à l’alto, en symbiose avec le piano et le marimba, avant qu’une « Family Affair », conduite par Edgar Moreau et sa sœur Raphaëlle, ne vienne conclure en beauté cette édition, lancée  en fanfare par la trompettiste Lucienne Renaudin Vary et l’accordéoniste Félicien Brut, comme dans les cinémas de notre enfance.

Cette année, le Festival du Périgord Noir s’engage également dans une nouvelle aventure, avec la création et le développement du collectif « Elle font l’Art » en Nouvelle-Aquitaine ! Ce nouveau projet durable, qui se vit comme un espace de rencontres, d’échange et de co-création de femmes inspirantes dans tous les domaines de l’art, vise à promouvoir les expériences de femmes artistes sur les territoires ruraux et isolés – un collectif pour inclure et tourner toujours davantage le Festival vers l’avenir en valorisant les talents de la région.

Après une année 2020 dramatiquement amputée par le virus d’un grand nombre de concerts, les musiciens vont pouvoir remonter sur scène ! Le Festival avait cependant pu proposer au public en 2020 une saison resserrée. Grâce à tous nos partenaires publics ou privés, aux villages d’accueil, à nos bénévoles passionnés et notre équipe engagée, nous avons invité cet été ceux qui n’avaient pu jouer l’an dernier et voulu faire signe à de nouveaux artistes, se donnant la main d’une génération à l’autre.

Venez-les écoutez nombreux pour faire vivre la musique, en ouvrant largement la perspective sur la 40ème édition du Festival !

Jean-Luc Soulé

Président du Festival du Périgord Noir